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Bénabar (le sujet initial a disparu !) |
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Posté le: Jeu Déc 09, 2004 9:49 pm |
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| toriamos |
| âme féérique du Temple |
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| Inscrit le: 01 Oct 2004 |
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Le "sujet" sur Bénabar a disparu, alors je poste cette récente interview sur un nouveau :
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Posté le: Ven Déc 10, 2004 5:07 pm |
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| Maïlila |
| Modérateur |
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| Inscrit le: 02 Mar 2003 |
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Je suis écoeurée que le sujet que j'avais créé se soit envolé dans la nature !  |
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Posté le: Mar Déc 21, 2004 11:52 pm |
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| ptitelo |
| Grande âme du temple |
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| Age: 20 |
| Inscrit le: 04 Mai 2004 |
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dsl pour toi...
en tout cas, Bénabar est super, je suis allée le voir en concert à Clermont Ferrand au mois de Novembre, c'était une très bonne soirée  |
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Posté le: Mer Déc 22, 2004 12:27 am |
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| StephWebmaster |
| Gardien du Temple |
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| Age: 36 |
| Inscrit le: 05 Jan 2003 |
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| Localisation: Normandie |
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il n'y a pas de raison que le sujet se soit évaporé dans la nature....
au pire je vais faire une recherche dans mes sauvegades |
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_________________ Albert Einstein :
"Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine; en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue."
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Merci de ne mettre qu'une bannière (taille env 468*60) dans vos signatures et un seul lien. Merci
{She, the Ultimate Weapon (Saishu Heiki Kanojo)}
Gardien du temple
(Webmaster ) |
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Posté le: Mer Déc 22, 2004 3:04 am |
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| toriamos |
| âme féérique du Temple |
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| Inscrit le: 01 Oct 2004 |
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Merci d'avance, Steph, si tu arrives à retrouver le sujet de Maïlila, car apparemment on est plusieurs ici à aimer Bénabar !...
Mais en plus le scan de l'article que j'avais mis a disparu (là c'est la faute de l'hébergeur d'image ), je le remets donc :
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Posté le: Mer Déc 22, 2004 12:28 pm |
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| remi |
| âme suprême du Temple |
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| Age: 19 |
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C'est le seul artiste de cette nouvelle génération française d'auteur-compositeur que j'aime bien!  |
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_________________ Nolwenn Leroy *Histoires Naturelles* 5 Décembre 2005
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Posté le: Jeu Déc 23, 2004 12:45 am |
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| toriamos |
| âme féérique du Temple |
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| Inscrit le: 01 Oct 2004 |
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| Benabar sera un des invités de Guillaume Durand dans "Trafic music" demain, jeudi soir, sur France 2 (23h40 à 1h45) |
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Posté le: Mer Jan 12, 2005 9:23 pm |
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| toriamos |
| âme féérique du Temple |
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| Inscrit le: 01 Oct 2004 |
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Merci à Memesse de Forum bénabar http://www.benabar.net/phpBB2/
Une "table ronde" de 25 pages réunissant Benabar, V.Delerm et
J.Cheral dans le dernier CHORUS (hiver 2004-2005)
CHORUS : Saluons d’abord la présence de la première personne du sexe féminin à figurer dans ce genre de rencontre…
JEANNE CHERHAL : Ca manquait de meufs ! Il en fallait une… [rires]
-Tous les trois vous avez commencé le métier par la scène, en accumulant les concerts, notamment dans les petits lieux. Recommenceriez-vous de la même manière ?
BÉNABAR [BRUNO] : Il est de bon ton de dire que c’est un peu la honte de ne pas avoir pas débuté par des petits lieux. Mais je crois que tous les parcours se valent. C’est vrai que, tous les trois, nous avons eu un peu le même, celui des petites salles. C’est une bonne école mais il y en a d’autres. Je comprends parfaitement que quelqu’un puisse arriver de la Star Academy. Ensuite chacun fait son propre chemin… Je m’élève un peu contre ce cliché qui veut qu’il faut obligatoirement galérer pour avoir une intégrité, une légitimité, dans ce bizness. Non, tous les parcours sont possibles. Après, c’est une question de goût. Cela dit, pour répondre à la question, si j’avais à recommencer, je recommencerais à l’identique.
VINCENT DELERM : Si tu découvres la scène à la sortie de ton premier album, c’est généralement un peu délicat. Donc, en avoir fait avant, ça facilite les choses. Notamment quand tu as la chance d’être programmé dans une salle parisienne et que tu dois affronté les journalistes qui se sont déplacés pour te voir. Ensuite, c’est plus un problème technique qu’une question d’éthique ou de morale… Si quelqu’un est suffisamment doué pour, d’emblée, monter sur une scène et faire un spectacle qui se tient, pourquoi s’évertuerait-il à jouer dans des boîtes à pizzas ?
-Toi, Jeanne, tu as participé à de nombreux tremplins. Après ton passage au Chaînon Manquant, par exemple, près de quatre-vingts concerts ont été signés dans la foulée…
JEANNE : Dont certains dans des endroits un peu pourris, d’ailleurs ! [rires] Mais c’est la règle du jeu. Quand on a chanté dans des MJC devant douze personnes, on appréhende avec d’autant plus d’enthousiasme –parce qu’on sait ce que ça signifie- la perspective d’être sur une vraie scène et d’avoir un peu de médias. Moi, c’est évident que je recommencerai exactement de la même manière. Avec, peut-être, une ou deux salles en moins… [rires]
-Bruno vient de dire : moi, la Star Ac’ ça ne me gène pas. Vous partagez tous trois la même opinion ?
BRUNO : On est toujours d’accord. Je parle au nom des trois ! [rires]
VINCENT : Moi, ça ne me dérange pas non plus. Ca ne s’appelle pas Talent Academy, mais Star Academy. C’est censé fabriquer des stars, avec le côté un peu disparate que ça a. Quant à l’idée que ça enlèverait de la place à d’autres artistes, Je ne suis pas certain qu’il y aurait, le samedi soir, en prime time, sur TF1, une émission qui soit consacrée à Jeanne Cherhal. [il se tourne vers Jeanne] Sans vouloir minimiser…
JEANNE [en riant] : T’as raison !
BRUNO : Je ne suis pas sur que quelqu’un qui achète l’album d’au mec de la Star Ac’ se dise : Tan pis, je ne vais pas acheter celui de Benabar ! Ce sont deux systèmes parallèles. Et puis, ça a toujours existé !Pendant les yéyés , il n’y avait qu’une seule radio qui diffusait les mêmes chanteurs. Il fallait déjà trouver d’autres voies pour exister. Le problème n’est pas tellement nouveau. Il prend cette forme-là aujourd’hui ; une forme peut-être moins pire que d’autres, parce qu’il y a des cours et que, du coup, on a l’impression qu’il y a un peu de travail derrière.
JEANNE : Franchement, Star Academy ne me dérange pas non plus. Cela dit, ce n’est pas pour être méchante, mais je m’attends au jour où il va y avoir un drame à la suite d’une Star Ac’ . Quelqu’un qui se retrouvera complètement oublié de tout le monde, après avoir été super-exposé…
BRUNO : C’est vrai qu’être has-been à 22 ans, c’est quelque chose !
VINCENT : C’est déstabilisant, c’est sûr. Dans l’absolu, ça fabrique forcément des dépressions nerveuses. Mais comme le Loft. A part ça, sur le fait que ça serait dérangeant parce que ça empiète sur autre chose, je n’y crois pas.
BRUNO : D’accord avec toi… D’autant qu’on prétend souvent que Star Academy c’est de la musique, alors que c’est surtout de la télévision. Là-dedans la musique n’est qu’un élément parmi d’autres.
VINCENT : On peut aussi reprocher à cette émission de ne pas aller musicalement de l’avant. La forme pourrait très bien rester la même, tout en proposant à l’arrivée quelque chose d’u peu novateur… Mais les musique qu’on y entend ressemblent tout à fait à ce qui se faisait il y a dix ans. Il n’y a jamais la tentative d’un petit pas en avant ; sur le choix des reprises, comme sur les arrangements. J’ai beaucoup regardé la première saison de Star Academy, parce qu’on arrêtait as de me questionner là-dessus. Quand je ne pouvais pas voir, j’enregistrais ! Je faisais vraiment la collec’ pour connaître le truc, quoi. Dans la troisième promotion, il y avait un mec, Patxi, qui donnait l’impression de vouloir faire les choses un peu différemment. Mais je l’ai vu récemment dans une pub pour du gel pour cheveux ! C’est sûr qu’après ça, la crédibilité s’en va très vite…
-Si on vous invite sur le plateau de la Star Ac’, que faites-vous ? On peut y aller sans problèmes, ou cela pose question ?
VINCENT : Autant je dis que ça ne pose pas de soucis par rapport à nous, à notre façon d’exister, autant je n’ai aucune envie d’y aller.
JEANNE : De toute façon, on ne nous invitera jamais ! Moi, en tout cas…
BRUNO : pas question pour moi non plus de cautionner ce truc-là. Il y a quand-même quelque chose de honteux, je crois, à y aller.
VINCENT : Si après on ne peut plus parler à ses amis au téléphone… [rires]
-Est-ce que vous avez l’impression d’avoir eu, jusqu’à maintenant, un itinéraire plutôt sympa, de ne pas avoir trop galéré ?
VINCENT : Moi, je suis un cas un peu à part. Mon nom m’a vraiment aidé dans un premier temps…
BRUNO : Vincent ? Il y en a d’autres qui s’appellent Vincent, tu sais… [rires]
VINCENT : Au début, des journalistes ont pu se dire : « On pourra toujours lui parler de son père ! » ; ça peut aider à se faire inviter dans les émissions. [rires] En ce qui me concerne, ça a vraiment accéléré les choses. A cause de ça, je pense que j’ai joué moins longtemps dans le format petites salles que Jeanne et Bruno. J’ai fait ça deux ans à fond mais pas plus.
BRUNO : Moi, j’ai fait beaucoup de petites salles durant cinq ou six ans. D’abord sur Paris, en duo, puis avec un groupe, Les Associés. J’ai évidemment connu tous les plans possibles et imaginables, les bars improbables, les horribles caves… Mais je n’ai jamais eu le sentiment de ramer, au contraire. Tourner, ç apporte quelque chose d’important à mon avis :une véritable indépendance ; et, parce que tu joues de la musique, le sentiment, même s’il est ténu, que tu maîtrises un peu ton parcours. Ca me convenait très bien. Bon, si j’avais vécu dix ans de petits lieux, je ne sais pas si je tiendrais le même discours.
VINCENT : Le truc est également très différent selon que ta progression est constante, ou qu’à un moment donné tu reviens en arrière.
JEANNE : L’important est de ne pas avoir l’impression de stagner. Au moment où je faisais des MJC de trente personnes, je trouvais que c’était logique. Je n’avais pas le sentiment de galérer. Quand j’ai fait l’Européen avec Vincent, à Paris, il y a deux ans et demi, Vincent avait une notoriété qui commençait à s’installer. Je trouvais normal que ça n’aille pas aussi vite pour moi.
Vincent : Moi aussi, je trouve ! [rires]
-Quand vous êtes passés à la vitesse supérieure, en terme de jauge des salles, comment avez-vous vécu ce passage-là ?
BRUNO : Dans mon cas, ça a vraiment été une progression naturelle. Jamais je ne me suis posé le problème en terme de vitesse supérieure. Quand j’ai fait l’Olympia, j’étais super fier, mais je ne me suis pas dit : maintenant, ça y est, je suis dans une autre cour. Je n’ai jamais eu ce sentiment-là. Et je garde toujours en tête l’idée que je peux redescendre… [il demande s’il peut sortir fumer une cigarette]
JEANNE : Quand j’étais étudiante, jamais je ne me suis dit : bon, je vais être chanteuse. Ca s’est fait très naturellement. A un moment donné, je n’allais plus trop à la fac et puis voilà. Quant à la jauge des salles, c’est une question de progression. On commence par jouer dans des MJC, puis on fait des centres culturels et ainsi de suite.
VINCENT : Le jour où un tourneur te propose de faire L’Européen ou La Cigale, à Paris, tu as plutôt tendance à lui dire : ah bon, déjà ? Tu es sûr que ça va être rempli ? [rire] Ca c’est une question rituelle de Jeanne avant ses concerts : est-ce qu’il y a des gens dans la salle ?
JEANNE [en riant] : Y a du monde ?
VINCENT : Ce qui est bien, c’est de faire longtemps une salle pas trop grande. Avec Jeanne, on a vraiment profité de cette politique-là quand on a fait L’Européen tous les deux… Avant le coup d’envoi, ça m’a impressionné de penser qu’on allait y rester quatre semaines…
JEANNE : Moi aussi ! J’en étais malade !
VINCENT : Le disque de Jeanne est sorti une semaine avant le premier spectacle et le mien le jour même… Donc, c’était un peu un pari. Quatre semaines à l’affiche, soit c’est une catastrophe –à la fin, il n’y a plus personne dans la salle-, soit on regrette de ne pas faire le double. De temps en temps, je pense que c’est réellement utile, notamment pour les artistes à qui profite le bouche à oreille. Je ne sais pas si Bruno et Jeanne pensent la même chose mais, sur scène, il y a à la fois une part de plaisir –parce que ce n’est quand-même pas un cauchemar !- et une part d’apprentissage un peu stressante… Seul chez moi, dans mon appartement, je me disais : quand je serai sur scène, je ferai comme ci et comme ça ; en fait, j’ai fait comme j’ai pu ! Il y a toute une part d’instincts qu’on ne peut travailler que devant un public, alors que la réalisation d’un album peut se réaliser chez soi. La scène, ça ne s’apprend que sur scène… Aujourd’hui encore, je n’ai pas l’impression de faire ce que je veux… Ca restera toujours une situation impressionnante, pas tout à fait naturelle, dont on n’a pas la totale maîtrise.
-Avez-vous le souvenir d’un concert, d’un moment, d’une grosse émotion qui vous aurait particulièrement marqués ?
JEANNE : Pour moi, ça s’est passé à l’Européen, dont je partageais l’affiche avec Vincent. Toute la première semaine, ça n’allait pas du tout. J’étais minée, je me trouvais nulle, j’appelais ma mère tous les jours, la pauvre ! J’avais l’impression d’être une imposture vivante. Soudain, un soir, sans que je puisse expliquer pourquoi, j’ai ressenti comme une bascule ; j’étais enfin à l’aise, décomplexée ; un peu à ma place, quoi. Un autre immense souvenir, c’était à Ivry, un soir d’octobre 2002, Je crois. J’étais en première partie de Jacques Higelin. A la fin de son concert, il m’a rappelée sur scène pour qu’on fasse une chanson ensemble. Folle de trouille et de bonheur, j’y suis allée sans savoir ce qui allait se passer. Il m’a fait signe de m’asseoir au piano pour chanter ce que je voulais. J’ai interprété Super 8, une chanson inédite sur album à l’époque, et Higelin a fait des sortes de chœurs, de deuxièmes voix avec moi. C’était grand !
BRUNO : J’ai plein de bons souvenirs, mais plutôt en terme de tournées que de concerts particuliers. Durant la dernière, alors que l’album commençait à être diffusé, j’ai senti –ça m’a frappé, car c’était nouveau pour moi- que les gens connaissaient les paroles de mes chansons. Quand ce n’est pas quelqu’un de ta famille [rires] , c’est surprenant, quoi. Et ça m’étonne encore aujourd’hui. Je ne suis pas du tout blasé là-dessus. Même si je suis conscient que ça se passe mieux pour moi, je continue à être très agréablement surpris que les gens viennent m’entendre et qu’ils restent.
VINCENT : Mon souvenir le plus fort, c’est quand j’ai fait la première partie de Thomas Fersen. Le tout premier soir. J’étais devant le rideau, avec mon clavier personnel, après en avoir longuement et vainement cherché un meilleur ; l’idée que j’allais jouer devant plein de gens avec le « truc » qui me servait à bosser chez moi me rendait super mal à l’aise. J’avais, moi aussi, donné un coup de fil à ma mère [rires] qui m’avait dit : même si c’est une catastrophe, il faudra continuer à penser que ce que tu fais peut avoir un intérêt. Je suis donc monté au feu dans cet esprit-là : je vais me prendre un bouillon, mais il faudra que je m’accroche. Et puis là, surprise : grosse écoute du public de Fersen. Mais le plus grand moment, c’est quand j’ai assisté, ensuite, au concert de Thomas. J’étais assis dans la salle, et je me disais : putain, j’ai joué devant tous ces gens-là, et ça s’est bien passé !
-A un moment, on monte à Paris, de Nantes comme Jeanne, de Rouen comme Vincent. Avez-vous senti une différence avec la province ?
BRUNO [qui est banlieusard] : Je ne trouve pas qu’il y ait vraiment de différence entre les publics. La seule, c’est quand, à Paris, il y a des pros dans la salle. C’est vraiment une race à part, très particulière, les pros ! [rires]
VINCENT : Des fois, ils sont aussi à Bourges et à La Rochelle ! [rires]
BRUNO : Voilà, c’est ça ! [rires] Sinon, je crois que c’est plus une question de lieu qu’autre chose. Une salle rock avec des jeunes, c’est pas pareil qu’un théâtre avec monsieur le maire… [Il se tourne vers Jeanne et Vincent] Vous, c’est peut-être différent quand vous jouez à domicile. Le retour de la fille ou du fils prodigue…
JEANNE : Moi, je n’aime pas trop retourner chez moi, à Nantes. Dans l’idée, j’adore, mais…
BRUNO : [s’adressant à Vincent] Et toi, lorsque tu vas jouer à la MJC Vincent-Delerm de Rouen, à côté du centre Pablo-Neruda ? [rires]
VINCENT : Je ne sais pas si c’est ce que veut dire Jeanne mais chanter à domicile, c’est comme si on ne faisait un spectacle que devant les gens de sa famille. Le fait qu’ils vous aient vu à cinq ans et demi, ça rend plus difficile de faire le malin sur scène, quoi. En tout cas, je le ressens comme ça.
JEANNE : C’est exactement ça. A Nantes, je ressens une pression un peu particulière… Et puis, je me mets toujours dans la tête que les gens vont se faire plus agressifs qu’ailleurs… [rires] C’est bête, mais bon… Ca vient peut-être du fait qu’il m’est arrivé d’avoir des réactions de Nantais du genre : c’était mieux quand t’avais tes nattes ! Bref : c’était mieux quand nous seuls te connaissions. Et ça, ça me met toujours mal à l’aise.
-Pensez-vous qu’il faut un petit grain pour monter sur scène, s’exposer devant des centaines, voire des milliers de personnes ?
BRUNO : Psychanalytiquement parlant, il doit y avoir des raison cachées : le fait de rechercher les applaudissement, d’être le seul à parler dans une salle où on est deux milles, d’être en lumière… Tout ça n’est pas innocent. C’est sur que, dans ce boulot, il y a un côté, euh, pas forcément exhibition, mais envie d’être, euh…
JEANNE : D’être aimé, je pense,. Ca me semble évident.
BRUNO : D’être aimé, oui. Et de te faire écouter.
VINCENT : Souvent, c’est quelque chose qui arrive à des personnes qui ont du mal à se faire écouter dans une soirée de trente personnes. C’est une caractéristique commune à plein de chanteurs. La loi de la nature ne joue pas pour eux, alors ils compensent.
-Ecrire et composer des chansons ne vous suffirait donc pas s’il n’y avait derrière le débouché de la scène ?
VINCENT : Moi non…
JEANNE : Moi non plus. J’ai vraiment l’impression que j’écris pour faire de la scène ; pour projeter mes chansons, quoi.
VINCENT : Moi j’écris pour que ce soit dit sur une scène, en tout cas. En dehors de la chanson, j’ai aussi écrit pour le théâtre. Pour être face à des gens, pour qu’il y ait des réactions d’une salle.
BRUNO : On est nombreux à se chercher des alibis ! Quand j’ai commencé ce métier, je ne m’avouais pas que je voulais faire de la musique, être chanteur. Je ne me l’avoue toujours pas aujourd’hui, d’ailleurs. C’est toujours le résultat d’un concours de circonstances, mais assez orienté quand-même. Encore une fois, ce n’est pas innocent.
VINCENT : Quand j’étais ado, j’ai vu un concert de Michel Berger au Zénith, et je me souviens de lui disant sur scène : « C’est le moment où l’ont regrette de ne pas être plombier. » Je pensais : c’est super ce qu’il fait, pourquoi dit-il cela ? Puis, j’ai compris. Maintenant, je me répète systématiquement la même phrase avant mes concerts. Juste avant d’aller sur scène, souvent on se dit : pourquoi se met-on dans cette situation-là ?
JEANNE : Pourquoi se fait-on autant de mal ?
-Vous n’êtes pas ce qu’on appelle des chanteurs de radio, vous ne cherchez pas le single à tout prix, et pourtant les radios vous programment… Comment expliquez-vous cela ?
BRUNO : Je ne sais pas, mais c’est vrai que ça nous rapproche tout les trois. On a vraiment été soutenus par France Inter et par RTL, de façon très militante. On doit beaucoup aux radios en fait.
JEANNE et VINCENT : C’est sûr.
-Un certain style de radios ou d’émissions…
BRUNO : un certain style mais, la preuve en est, qui a une véritable influence.
VINCENT : Les gens qui sont à l’affût de ce type de chansons écoutent généralement France Inter et FIP. RTL, qui n’avait pas la réputation d’aider forcément les petits nouveaux, avec ce type de sons, a fait un pas en avant avec ses « Talents RTL ». A l’arrivée, c’est sûr qu’on aura du mal à dire que notre génération n’a pas été aidée.
-En 1995, lors d’une précédente table ronde avec Cabrel, Goldman, Simon et Souchon, tous quatre mettaient l’accent, pour le déplorer, sur le fait que se dressait alors un mur, quasiment infranchissable, des médias pour les jeunes talents. Qu’est ce qui fait que, tout à coup, les médias semblent se débloquer en partie ? Ils volent au secours du succès ? C’est la pression populaire qui les oblige à prendre en compte la relève ?
BRUNO : Il y a un peu de ça je, crois. Car aucun de nous n’a eu un succès foudroyant énorme. Mais comme nos noms ont commencé à circuler, les médias se sont intéressés à nous. Et puis je pense que pour eux, notamment les radios, c’est aussi une question de survie : une fois que tu as passé ton titre de Souchon, ton titre de Voulzy, Il faut bien mettre un autre derrière. C’est pour ça que je prends avec beaucoup de recul cette histoire de nouvelle scène française. C’est une évolution tout à fait naturelle, en fait.
VINCENT : Dans mon cas, on ne peut pas dire qu’Inter a pris le truc en marche. Mon disque y a été programmé le jour de sa sortie. Après, je crois qu’il y a un truc : une fois tous les quinze ans, on décide qu’il y a du neuf en chanson. Et poum, c’est tombé sur nous. Pourquoi pas sur Dominique Dalcan, sur Julien Baër, sur cette génération-là ?
BRUNO : C’est quand même tombé sur la génération, aussi, qui nous a précédé de quelques années : Miossec, Thomas Fersen, Dominique A, Mano Solo…
VINCENT : Mais moins en terme de bande je trouve.
JEANNE : Nous, en effet, on nous associe tout le temps ! Ca fait un peu famille…
VINCENT : C’est vrai qu’à un moment donné on avait l’impression d’une colonie de moules sur un rocher : Bénabar, Cherhal, Sanseverino, Matthieu Chedid, Delerm…
BRUNO : On a peut-être un côté rassurant, aussi. A part moi, personne ne se drogue [rires] , Personne n’est alcoolique, on est du genre gentils, quoi. [Il se tourne vers Jeanne et Vincent] Vous ne fumez même pas…
VINCENT : Ce qui me gêne, c’est cette illusion que les médias, maintenant, sont grand ouverts à la nouveauté. L’inquiétant c’est que ça se referme assez vite. Parce que, dans le club dont on parle, ce sont toujours les cinq, six ou sept mêmes noms qui reviennent. Alors qu’il y a plein d’autres gens. Franck Monnet, par exemple. Il ne faisait pas partie du club précédent. Et il ne fait toujours pas partie de celui-ci. Comme il n’est pas arrivé pile poil en même temps que notre génération, Il ne rentre pas encore tout à fait dans le truc.
BRUNO : Tout à fait d’accord avec toi… Moi aussi, j’ai toujours plein de scrupules par rapport à des copains qui font des choses de qualité…Aussi bon que nous, si ce n’est mieux..
-Par exemple ?
BRUNO : Je pense à des nouveaux arrivants qui devraient sortir, comme Loïc Lantoine, comme Bertrand Belin, comme Les Joyeux Urbains, comme Eric Toulis des Escrocs… J’en oublie plein. C’est vrai qu’on a la sensation d’avoir obtenu un visa à un moment et qu’eux ne l’ont pas eu. Et ça, c’est véritablement injuste.
VINCENT : Prenez toute la scène qu’il y avait autour du label Lithium : elle a vraiment marqué ceux qui l’ont écoutée. Pour Dominique A, maintenant, ça va. On estime, à juste titre, qu’il fait partie de ceux qui ont exercé une influence. Mais il y avait aussi d’autre gens autour de lui ; notamment Katerine, qui a un univers très particulier, assez proche de celui de certaines personnalités actuelles. Pas facile d’avoir une théorie précise sur la raison pour laquelle les médias nous ont soutenus, nous, plutôt que d’autres.
-Où est le blocage pour ceux-là ?
BRUNO : C’est une paresse générale, je crois… Entre autres choses, il y a plein de gens qu’on ne connaît pas parce que certains journalistes ne font pas leur boulot. Bon, cette paresse nous arrange directement [rires] puisque l’ont est toujours cités, nous : Delerm, Sanseverino, Bénabar, c’est quasiment du copié-collé. On a l’impression que c’est dans le correcteur d’orthographe ! Tu tapes Delerm et tu as Bénabar et Sanseverino qui suivent derrière ! [rires]
VINCENT : Stéphane, Bruno, et moi, on a pourtant des univers scéniques très différents. Celui de Bruno, par exemple, c’est presque l’inverse du mien, c’est très explosif. C’est pourtant acquis : quand on dit Delerm, on dit aussi Bénabar. Tant mieux pour nous. Mais ce qui serait bien, c’est que ce mouvement perdure. Si le fait qu’il y a eu Carla Bruni permet aujourd’hui, aux gens, d’envoyer des maquettes guitare-voix sans avoir peur, c’est très bien. Après, il faut que ça reste ouvert, que les nouveaux projets aboutissent. Parce que de très bons disques continuent à sortir. Comme le dernier album de Bertrand Betsch, qui est super réussi, très original ; mais j’ai le sentiment que ça va être compliqué pour lui… |
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Posté le: Sam Aoû 27, 2005 6:15 pm |
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| Pauline91 |
| âme errante du Temple |
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| Inscrit le: 27 Aoû 2005 |
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Le prochain album de Benabar sort le 24 octobre donc ça fera 2 albums dans mon panier 2!!!!!  |
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