| Maïlila |
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Biographie
Tout commence par l'arrivée en France de Jack Hand, contrebassiste de Jazz, pendant la seconde guerre mondiale, où il rencontre Paulette Desboeuf.
C'est un beau jour de juillet 1946, le 9 précisemment, que naquit William HAND. Ses parents l'appelèrent William à cause de sa tête en forme de poire. (Telle est la légende)
Mme Hand veut vivre en Amérique, toute la petite famille déménage vers Cleveland, dans l'Ohio, en 1949.
A cette époque, la mode était à la permissivité: les parents laissaient tout faire aux enfants «Un célèbre psychologue avait écrit une série de bouquins qui étaient devenus de véritables best-sellers, genre "conseil aux parents modernes": il ne fallait surtout pas contrarier les enfants pour ne pas les traumatiser, leur laisser tout ce qu'ils voulaient, et jamais une tape sur les fesses... C'était l'âge d'or!» À partir ce moment là, il fait un blocage sur le Jazz. En effet, quand son père faisait des boeufs avec ses amis jazzmen, William entendait :" Ne bouge pas, reste là, sois sage...". Et pendant longtemps, le Jazz sera synonyme de "reste sage".
En 1953, ils reviennent à Paris. Il découvre alors avec surprise la voiture de Mickey "en vrai": la 4CV...
Il découvre alors la musique, non pas le jazz qu'il côtoie depuis toujours mais les mélodies qu'il invente sur un piano. A la même époque, il découvre la magie du spectacle, il va souvent aider ses grands-parents qui travaillent au théâtre des Champs-Elysées et à l'Opéra.
Il s'amuse en coulisse ou sur scène. William assiste également à de grands spectacles: des ballets, des concerts, des opéras.
A onze ans, il décide de prendre des cours de piano; il est trop tard pour qu'il devienne un vrai pianiste, il se tourne alors vers la composition. Son maître Yves Margat, avait été l'élève de Gabriel Fauré. Il lui a même appris le latin, car il considérait qu'il fallait le connaître pour composer. (De là, vient peut-être "Lux Aeterna") «Il m'a surtout fait travailler l'harmonie et l'écriture [...] On se voyait trois fois par semaine et nous passions chaque fois deux heures ensembles. [...]Parfois même je partais en vacances avec lui, pour ne pas trop espacer les cours.»
A 16 ans, Yves Margat réussit à convaincre William de quitter l'école , pour se consacrer plus intensivement à la musique.
"Il disait que c'était un métier, et qu'il fallait l'apprendre comme tel si l'on voulait trouver des débouchés"
Il se met alors à étudier la fugue, l'harmonie, et le contrepoint. Mais c'est à ce moment, qu'interviennent les Beatles, le petit William se met en tête de faire du rock.
Son maître lui répond alors:" Avec le bagage que vous avez, vous n'allez tout de même pas faire le saltimbanque....!"
Nous sommes en 1966, et William se lance alors dans le rock avec un groupe niçois "The Worst" (Les Pires). Sur le chemin, il rencontre les Irrestibles ( The Beloved Ones) auxquels il donne une chanson écrite auparavant, mais qu'il ne se voyait pas chanter: My Year is a Day. Ce fut un tube fin 67, début 68.
Dans la foulée, il enregistre "Couleurs"et "Les 4 saisons" sur un texte de Gérard Manset: son 1er 45T.(1968)
Il compose ensuite la musique d' "Erotissimo", dont il fait toutes les orchestrations. Puis viennent la musique de "Trop petit mon ami" et son second 45T: "Adieu Kathy"et "Leslie Simone".
En 1970, à un couple d'amis qui se marient il offre une messe Lux Aeterna.Il met alors tout l'argent gagné avec My year is a Day dans l'enregistrement de cette messe (1972). Cet enregistrement parvient aux oreilles de Barbara. Elle lui propose de faire les orchestrations de "La Louve".
Barbara l'invite à chanter. William enregistre "Rock'n Dollars" dont la chanson-titre n'est une moquerie face aux hit-parades.
u]Puis tout s'enchaîne: [/u]
-1976, deuxième album "Dans un vieux Rock'n Roll".A noter qu'il enregistre "Saint-Exupery Airway" Chanson interdite par les héritiers de l'écrivain
-1977, 3ème album: "Symphoman"
Il compose un concerto pour Violon pour Catherine Lara "Le Violonaire français".
En 1980, il enregistre "Nicolas", la musique du film "Retour en Force" de J.M. Poiré. Il fait ses premières tournées en Province.
L'année suivante, il compose le générique du 20H de TF1. La même année sort l'album "J'suis pas bien". Le 20 octobre, il donne un concert avec Catherine Lara pour le 20è anniversaire d'Amnesty International.
En 1982, William obtient le Diamant du meilleur compositeur pour "Les mots qui viennent tout bas". Il fait la musique de "Ma femme s'appelle reviens...". Du 27 avril au 2 mai, il fait son premier Olympia, dont il tire un album "Olympia 82".Gala exceptionnel à l'Olympia (14 juin) avec JJ Goldman et Buzy (pour "Y'a d'la chanson dans l'air")
En 1984, il s'effectue son premier passage seul au piano à Bruxelles (février)( à cause de la douane Belge!) et une tournée avec le quatuor à cordes "Halvenalf" en Belgique et en France . Il sort l'album instrumental Quatuor. Et il participe au festival de la chanson française à Antibes. Du 11 au 16/9 Olympia avec le Quatuor Havenhalf (et Didier Odieu en 1ère partie). Il sort l'album "Olympia 84".
Il crée en 1985 à Montpellier "La Suite Française" pour piano, voix et orchestre par l'orchestre national du Languedoc-Roussillon (4/ .
L'éducation nationale lui commande une cantate pour la rentrée 86.
Il effectue une tournée en automne 85.
"Univers" sort en 87. Il fait la cloture du 11è Printemps de Bourges, accompagné par des élèves de conservatoire. Grand Rex du 18 au 24/11.
Musique du film "Envoyez les violons". Tournée internationale avec le Quatuor.
En 89, "Ailleurs" pointe son nez alors que "Univers " est disque d'Or. Le vidéoclip est réalisé par Philippe Druillet, c'est un bijou!! Du 2 au 6 mai, un "Concerto pour violoncelles et orchestre" est joué au Palais des congrés. Le 3/12, création d'un "Homme heureux" à l'Olympia.
Enregistrement en 1991, en studio-live de l'album "Sheller en Solitaire"(6/5) qui sera disque d'Or en septembre. Tournée Piano-solo.
Oscar de la chanson française, décerné par l'UNAC pour "Un homme heureux". Grand Prix National du ministère de la Culture. enfin, on entend William sur les FM, et pas forcément sur les FM nostalgiques. Il devient "maître de stage" d'octobre 91 à mai 92 au conservatoire de Bourgoin-Jallieu.
1992 est l'année des récompenses: Victoire de la musique: Meilleur chanson de l'Année (Un homme heureux), meilleur album de l'année (Sheller en solitaire).
Il écrit "Symphonie pour un jeune orchestre" pour ses élèves de Bourgoin-Jallieu.
Il donne quelques concerts avec l'Orchestre National de Lille
93: L'album "Sheller en solitaire", déjà Disque d'Or en 92, atteint le cap des 500 000 exemplaires vendus. Mai 93, concert avec l'Orchestre national de Lille pour la fête de la Musique (perso: Petit concert très amical, cool !)
Salle Pleyel: "Concerto pour trompette" pour le soliste Thierry Caens et l'orchestre des concerts Lamoureux. Sortie de "Carnet de notes", bible musical des Symphomans....
Musique du film "L'écrivain public" .
1994 est l'année du changement, alors que tout le monde attendait un album de la veine de "Sheller en solitaire"; William nous balance "Albion", un album rock, voir hard rock(25/1). Avec une mention toute particulière pour la nouvelle version d''Excalibur"qui arrache...
Suit une tournée en France... Cette tournée avec un orchestre (dont son fils Siegfried à la guitare) qui n'a pas vraiment de lien avec "Albion" ( à part "la Navale"). Il en sort "Olympiade 95" avec en guest-star Marie-Paule Belle et Micheline Dax, et une chanson cadeau (écrite pendant la création d'"Albion") "Une dépression d'hiver".
1997: Année prolifique. Avril: sortie de la BOF du film "Arlette" de Claude Zidi .
En plus, il a été l'invité du Dixième anniversaire du "Festival des Nuits en Champagne" à Troyes au mois d'octobre 97
En 98, sortie de la compil "Tu devrais chanter"
Prestation à la salle Pleyel.
18 janvier 2000, sortie des Machines Absurdes, album tant attendu.....
Il tourne toute l'année dans toute la France, et fait une petite halte au Théâtre des Champs-Elysées.Un petit concert entre amis de 4 heures, qui se termine avec le trio rassemblant les 3 générations de Hand: Jack, le père, William le fils, et Siegfried le petit-fils. Un grand moment!
2003: Re-sortie des Quaturos avec le quatuors Parisii avec des inédits
Son nouvel opus, "Epures" sort le 3 Novembre 2004.
William Sheller revient seul au piano avec "Epures"
Un ermite heureux
Dans la forêt solognote vit un étrange ménestrel. Un fils caché de Chopin et de McCartney qui, après trente ans de tubes et de voyages musicaux, ne cesse d'ourdir de nouvelles odes.
Dans le salon, la télé est perpétuellement branchée sur la chaîne « mosaïque », multitude de petits écrans en diffusion simultanée : « Comme ça, je peux grappiller ce que je veux, quand je veux. C'est comme en musique, j'aime fouiner partout... » La maison, une villa cossue de style sixties, béton costaud et terrasse en briques rouges, est tapie au milieu d'un vaste jardin. C'est là, quelque part dans une forêt de Sologne, que vit depuis trois ans William Sheller. Là aussi qu'il a enregistré son nouvel album, Epures, le premier depuis cinq ans, dans lequel l'auteur d'Un homme heureux a renoué avec une formule aussi simple que magique : seul au piano. Le quart de queue Yamaha trône dans une pièce sobrement décorée d'un grand poster de... Milou. Du coup, on se prend à songer que notre homme, crin blond ras et visage lunaire, ressemble irrésistiblement à Tintin. Un petit reporter au pays de la musique, dont les tribulations, depuis déjà trente ans, l'ont fait aborder tous les rivages : variétés futuristes, hard rock lyrique, cantate punk, pop symphonique, concertos classiques ou électronique absurde, Monsieur William n'aime pas la monotonie. Ni les carcans. « La musique, je l'entends dans ma tête et je ne veux me priver de rien. Si je n'ai pas l'impression de faire le même métier que les Goldman ou les Obispo, c'est que j'essaie de privilégier l'aventure aux formats. En fait, j'écris ce que j'aimerais entendre à la radio... »
Quand il a débuté, en 1975, avec une scie pop intitulée Rock'n'dollars, impossible de se douter que ce blondinet en baskets rouges posant devant une bouteille géante de ketchup avait déjà composé les arrangements d'un album de Barbara, la musique du film Erotissimo, de Gérard Pirès, et une messe de mariage pour choeurs et orchestre. « Rock'n'dollars, c'était juste un gag, écrit en cinq minutes, pour se moquer de la tendance des chansons de l'époque à utiliser des mots anglais. Et puis c'est devenu numéro un, et je l'ai traînée longtemps comme une casserole ! Ma première télé, c'était avec Philippe Bouvard, je passais dans la rubrique "La chanson idiote du moment". Je ne voulais pas y aller mais Bouvard m'a donné ma première leçon médiatique en me disant : "Je comprends vos réticences, mais si votre chanson n'est pas idiote, les gens vont bien s'en rendre compte..." Aujourd'hui, quand j'entends des âneries chantées par des mômes à la radio, je me dis : "Tu n'as pas démarré avec un truc sublime, toi non plus..." »
Il ne voulait pas être chanteur, le timide William. Juste composer. « Je faisais des études musicales avec Yves Margat, un ancien élève de Gabriel Fauré, un type fantastique qui m'a tout appris. J'étais destiné au prix de Rome... Mais on était en pleine mode dodécaphonique, sérielle, la musique dite contemporaine devait être sérieuse, il y avait une espèce de snobisme de l'avant-garde. Et puis j'ai découvert les Beatles... » Une chanson entendue à la radio, A hard day's night, change tout. On le retrouve faisant la tournée des bases militaires américaines de l'Otan comme pianiste dans un orchestre de rock niçois baptisé The Worst (Les Pires...). Et il se met à composer. Un tube, en particulier, My year is a day, popularisé par un groupe nommé Les Irrésistibles en 1967, et repris plus tard par Dalida sous le titre Dans la ville endormie... On y retrouve quelque chose du futur style Sheller : mélodie élégante, harmonies charnues et réminiscences classiques. Via les Beatles, il a découvert que « rock et classique, c'était la même terre, que la musique devait être universelle, vivante, proche de la rue. Je me suis dit qu'en tant que compositeur, il me fallait m'ouvrir, m'adresser à tout le monde. Mon ambition n'a jamais été d'avoir un buste en bronze dans un square, avec un pigeon qui te chie sur la tête... »
Le virage définitif, c'est Barbara qui le provoque. D'une phrase : « Tu devrais chanter... » Sheller enchaîne les albums - quatre, entre 1975 à 1979 - et les tubes, Dans un vieux rock'n'roll, Le Carnet à spirales, Nicolas, J'cours tout seul... Le public s'habitue à cet énergumène, mi-Mozart mi-Elton John, qui balance entre classicisme et excentricité, enregistre aussi bien avec les musiciens de Toto et de Foreigner qu'avec un quatuor à cordes ou l'Orchestre de Toulouse. Un jour, ses musiciens se retrouvent bloqués à la frontière belge. Il doit jouer seul, au piano. C'est une révélation, pour lui comme pour le public. Dix ans plus tard, en 1991, paraît l'album Sheller en solitaire, une relecture pianistique dépouillée de ses chansons. Tout à la fin du disque, il a ajouté un morceau inédit, Un homme heureux. Aujourd'hui encore, la chanson la plus célèbre du loustic... « J'ai trimballé la mélodie pendant deux ans. Un soir, à Périgueux, au cours d'une tournée, les musiciens m'ont réclamé un morceau nouveau. J'ai écrit le texte dans la chambre d'hôtel. Il partait d'une remarque que je m'étais faite : souvent, les vieux couples finissent par se ressembler. Moi, je vivais une période de solitude, je me demandais pourquoi ce qu'il y a de bon n'arrivait qu'aux autres... J'ai tiré sur le fil et la chanson est venue. Je n'imaginais pas un tel succès mais je sentais que je tenais un truc assez solide pour rester dans l'oreille, faire partie de la vie des gens, de leurs souvenirs. C'est quelque chose qui m'émeut. »
Dans la cave de la maison solognote, Sheller s'est aménagé un espace musique, près de la chaufferie. Une pièce où il travaille sur ses ordinateurs, à l'aide d'un logiciel qui enregistre et traduit en sons les partitions qu'il écrit. C'est là qu'il a élaboré une nouvelle symphonie en trois mouvements, jouée l'été dernier au festival de Sully-sur-Loire. Car l'auteur des Machines absurdes, on le sait peu, a déjà composé plusieurs concertos pour violoncelles ou trompettes, pièces pour quatuor et autres suites pour orchestre, donnés par les Quatuor Parisii ou Pasquier, l'Orchestre national de Lyon, de Lille ou du Languedoc-Roussillon, sous la direction de Jean-Claude Casadesus, Michel Plasson ou Yutaka Sado. « J'ai toujours voulu faire ce métier. Enfant, je croyais que pour être compositeur il suffisait de gribouiller des pages avec des tas de notes et que si on avait du talent, ça finissait par donner de la musique... Quand j'ai compris que pour faire un do il fallait écrire un do, j'ai définitivement trouvé ça plus excitant que de jouer au cow-boy... »
Né William (à cause, prétend-il, de son visage en forme de poire...) Hand, d'un père américain et contrebassiste et d'une mère française, il vit ses sept premières années aux Etats-Unis, dans un bled de l'Ohio. Une période qui ne lui a pas laissé que de bons souvenirs : « Les gens croyaient que ma mère était allemande, alors on retrouvait parfois des croix gammées sur les murs de la maison. A l'école, certains prétendaient que mon père était un espion de la CIA. J'ai vite compris que même dans le soi-disant pays de la liberté, il ne faisait pas bon être différent... » Emigré à Paris en 1953, il passe beaucoup de temps avec ses grands-parents, employés tous deux au Théâtre des Champs-Elysées. C'est entre loges, scène et coulisses que le petit Sheller (un pseudo inspiré de Mary Shelley, l'auteur de Frankenstein) découvre le monde du spectacle. Mais sa fascination est passée. « J'aime la chanson, pas la "chansonnerie", cet univers factice autour du spectacle. Faire parler de soi en se montrant dans les magazines. J'ai donné. En 1978, je me suis même retrouvé en kilt, pour les besoins d'un reportage qui prétendait révéler mes racines écossaises. Tout ça n'était pas pour moi. »
Aujourd'hui, Sheller joue les ermites. Ne communique avec sa maison de disques que par fax ou mails. Se consacre à sa musique, voit parfois ses deux enfants, dont l'un vit à quelques kilomètres de là. « Je ne fais pas partie des dix chanteurs les plus cités dans la rue, je ne suis pas un people et ça me convient. Avec Barbara, on parlait souvent de solitude. Pour elle, c'était un luxe qu'elle souhaitait à tout le monde. Je n'irai pas jusque-là, mais j'aime vivre seul, sans avoir à me justifier. Je ne me sens pas égoïste, plutôt absent... »
Après trente ans de carrière, William Sheller a une angoisse dont il ne se défait pas : se répéter. Il a multiplié les expériences musicales, les Univers et les Ailleurs, de la science-fiction punk (Excalibur, avec Philippe Druillet) au heavy metal progressiste (Albion, enregistré en Angleterre en 1994), en passant par la musique de film, l'électronique, le piano solo, l'orchestre symphonique. De la Salle Pleyel à l'Olympia, des conservatoires aux hit-parades... Bilan (provisoire) : « Je ne suis pas un chanteur. Je n'aime pas ma voix, elle est blanche, sans caractère. Je suis plutôt un diseur, quelqu'un qui raconte des histoires en musique. La musique, c'est aussi l'art du suspense, de tenir en haleine. J'aime vivre musicalement mes personnages, comme si j'enfilais un costume. Mes chansons ne prennent vie que sur scène, grâce au vécu avec le public. J'ai toujours pensé qu'il était plus difficile d'être un auteur compositeur accessible qu'un génie incompris. »
S'il n'avait pas fait de musique, William Sheller affirme qu'il serait devenu ethnologue. Curieuse vocation pour un solitaire farouche qui revendique même une certaine misanthropie... « L'être humain est un mystère pour moi, alors j'essaie de le comprendre. Le phénomène punk, par exemple, m'a intéressé par son côté tribal. A une époque, j'ai fréquenté des skinheads pour les mêmes raisons. On me taxe de romantisme, mais le romantisme ça n'est pas les petits oiseaux. C'est la folie, l'expression de la noirceur de l'âme. Quelque chose entre Chopin et Sid Vicious. Mon philosophe préféré est Cioran. Comme lui, je pense que la vie est une erreur, une maladie de l'univers. Einstein disait que nous faisions partie du petit doigt d'un géant, mais nous sommes peut-être le cancer de ce petit doigt... »
Au coeur de sa forêt, William Sheller ourdit bien d'autres complots musicaux. Lui qui se revendique des Beatles et de Stravinsky (« avec Boulez aussi, ils ont fait réfléchir les musiciens de leur temps ») et avoue un penchant prononcé pour le XVIIIe siècle (« cette époque passionnée où on pouvait se bastonner pour un poème... ») se lancera l'an prochain dans une grande tournée avant de publier l'intégrale de ses enregistrements, y compris ses premiers 45-tours, dont le fameux Rock'n'dollars... Comme une boucle qu'on boucle ? « J'aurai 60 ans dans pas longtemps. Mon souci, désormais, c'est de transmettre quelque chose. Pas pour la postérité, plutôt pour la continuité. Des musiciens viennent parfois me demander des conseils, je trouve ça rassurant. Arrivé à un certain âge, si on ne peut rien transmettre, c'est qu'on est devenu une star à la con. »
[img]Philippe Barbot[/img]
[img]Télérama n° 2859 - 29 octobre 2004[/img]
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