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Arthur Rimbaud
MessagePosté le: Jeu Oct 21, 2004 9:37 pm Répondre en citant
Maïlila
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Il y a 150 ans naissait Arthur Rimbaud...

BIOGRAPHIE D'ARTHUR RIMBAUD


1854 Année de naissance de Jean-Nicolas Arthur RIMBAUD à Charleville (le 20 Octobre). Sa mère, Vitalie Cuif vie seule, son mari et père d'Arthur est Capitaine d'infanterie et ne rentre que peu, jusqu'à abandonner sa femme après lui avoir donné plusieurs enfants : Frédéric (1853), Arthur (1854), Vitalie (1858), Isabelle (1860) ainsi qu'une fille née en 1857 mais qui n'a pas survécu longtemps.


1862 En octobre, Arthur entre à l'institut ROSSAT, une institution réservée aux bourgeois de Charleville. Ses premiers écrits datent de cette époque.


1865 Arthur fait sa première communion à la fin de l'année. Une photo le montre posant avec son frère Frédéric. Il est alors en 6ème.


1866 Les professeurs sont ravis des talents d'Arthur. Sa précocité et la maturité qu'il exprime dans son travail de collégien amènent ses professeurs à le faire entrer en 4ème, le dispensant de la classe de 5ème.


1868 Dans le plus grand secret, celui de sa propre conscience, Arthur envoie un poème au Prince Impérial pour le jour de sa communion.


1869 Alors qu'il excèle dans la poésie en vers latins, Jurgurtha, l'une de ses oeuvres remporte le premier prix du concours académique. C'est de cette même année que date Les étrennes des orphelins, le premier poème reconnu.


1870 Georges Izambard, son professeur de rhétorique lui fait découvrir des auteurs tels que : Rabelais, Victor Hugo, Théodore de Banville. Rimbaud envoie à celui-ci le 24 mai, 3 poèmes; Sensation, Ophélie et Credo in unam (soleil et chair). Espérant ainsi être publié dans Le Parnasse Contemporain. Malheureusement aucune réponse ne fut donné.
Il eut cependant plus de chance avec le journal La Charge qui publia en août Trois Baisers.
En juillet, il compose Mort de Quatre-vingt-douze, un poème patriote. Ce poème passe par les mains d'Izambard.
Les évènements politiques sont alarmants. La France et la Prusse entrent en guerre. Le 29 Août, Arthur part sans autorisation à Paris en passant par Charleroi. Aussitôt arrivé à Paris, il est enfermé à la prison de Mazas, faute de billet de train et craignant qu'il soit un espion. Après quelques jours, Arthur envoie un message d'espoir à Izambard lui expliquant la situation délicate dans laquelle il se trouve. Il parvient à le faire libérer et tente de calmer la mère d'Arthur.
Avant de retrouver Charleville, Arthur passe le mois de septembre chez la famille de son ami Izambard. Il recopie à ce moment, sur de grandes feuilles de papier, des poèmes à l'attention de Paul Demeny, un jeune poète douaisien.
Arthur rentre ensuite chez lui mais à peine revenu il ne songe plus qu'à fuir.
Le 7 octobre, il prend la route de Charleroi, espérant faire du journalisme. Déçu, quelque semaines plus tard, il gagne Bruxelles puis Douai. Il recopie un recueil de 22 poèmes à l'attention de Demeny. La seconde partie du recueil comprend de nouveaux poèmes inspirés de cette fugue : Au Cabaret Vert, La Maline, Ma Bohème.
En Novembre il revient à Charleville, où il fréquentera pendant des mois la bibliothèque. Il lit les socialistes : Proudhon, Babeuf, Louis Blanc et Saint-Simon, ainsi que des livres d'occultisme.
S'inspirant des nombreuses personnes qui consultent assidument la bibliothèque il écrit Les Assis.


1871 Arthur Arrive le 25 février à Paris. Après quelques jours de vagabondage, il regagne Charleville.
En Mars, La Commune est établie à Paris, Arthur en est fier. On le voyait dans les rues de Charleville, insolent, la pipe au bec, criant "l'Ordre est vaincu" à tout va. Les poèmes résultants de cette période Chant de guerre parisien, Les mains de Marie-Jeanne et Paris se repeuple.
Le 13 et le 15 mai, Arthur écrit deux lettres. La première pour Izambard, s'en prenant à lui, reprochant de "rouler dans la bonne ornière". Arthur a décider de "s'encrapuler". "Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant...Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens."
La seconde lettre est envoyé à Demeny, il s'agit de la lettre du "voyant".
Ces deux lettres sont un tournant important dans l'esthétique rimbaldienne. Arthur demande même à Dememy (10 juin) de brûler tous les poèmes qu'il lui a envoyer en Octobre 1870 et lui envoie de nouveaux poèmes, Les poètes de sept ans, Les pauvres à l'église, et Le coeur du pitre intitulé plus tard Le coeur volé.
Le 15 août, il envoie à Banville, Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs, poème qui se moque des poètes parnassiens.
Arthur fait la connaissance de Bretagne, un passionné de poésie et qui a connu Verlaine à Arras. Il lui propose de le mettre en rapport avec lui. Arthur, enthousiaste, rédige alors une longue lettre et joint quelques poèmes. La réponse de Verlaine arrive très vite et celui-ci désire le faire venir au plus vite.
Arthur arrive à Paris à la mi-septembre. Logeant d'abord chez les beaux-parents de Verlaine, il est vite jugé indésirable et trouve refuge chez des amis de Verlaine (Charles Cros, Forain, Banville). Arthur participe aux réunions du cercle zutique. Dans ce cercle où l'on peut boire, lire et chanter, Arthur fera vraisemblablement la découverte du Haschich. Arthur n'est cependant pas apprécié bien longtemps. Son caractère agressif, maussade le font mettre à la porte du cercle.


1872 Verlaine et Rimbaud "trainent" les cafés du Quartier Latin et mène une vie dissolue ce qui provoque la colère de Mme Verlaine. Celle-ci, jeune demoiselle de seize ans, a donné un fils à Paul Verlaine en Octobre mais depuis l'arrivée de Rimbaud, le couple est sujet aux discordes de plus en plus violentes.
En janvier, Mathilde, motivée par les conseils des parents de Verlaine qui habitent avec eux, quitte Paris pour Périgueux. Verlaine ne se fait pas attendre et écrit une lettre à Mathilde, la suppliant de rentrer. Celle-ci lui signifie qu'elle ne fera le chemin de retour qu'avec la certitude que Rimbaud soit renvoyé. En Mars, Arthur Rimbaud rentre dans les Ardennes.
En Mai, à la suite d'une lettre envoyé quelques jours plus tôt et lui demandant de revenir sur Paris, Arthur revient près de son ami. Il y compose ces vers en rupture totale avec la poésie traditionnelle :
- La rivière de Cassis
- Comédie de la soif
- Bonne pensée du matin
- Fêtes de la patience
- Chanson de la plus haute tour


Le 7 juillet, Arthur décide de partir pour la Belgique. Verlaine hésite et finalement décide de partir aussi suite à une lettre de Rimbaud : "Tu vas venir avec moi, autrement nous ne nous reverrons plus."
Les deux amis se retrouvent à Bruxelles. Pendant ce temps, Mathilde découvre avec stupeur les lettres que ce sont échangés Rimbaud et Verlaine et décide d'aller retirer son mari des griffes du "démon".
Verlaine accepte de rentrer mais au dernier s'esquive et part avec Rimbaud le 4 septembre sur un bateau pour l'Angleterre.
Ils étudient l'anglais, errent dans les rues comme des miséreux. Verlaine est tourmenté par les multiples procès de Mathilde. Fin décembre, Rimbaud retrouve les Ardennes.



1873 A la mi-janvier, Rimbaud reçoit une lettre de Verlaine qui se dit mourrant à Londres. La mère de Verlaine contacte Rimbaud et lui délivre suffisemment d'argent pour rejoindre son fils à Londres. Dès son arrivée, Verlaine va mieux mais l'idée de retrouver sa femme le perturbe de nouveau.
En avril, le couple passe en Belgique. Rimbaud, à court d'argent rentre dans la ferme familliale de Roche, et entame la rédaction du livre païen ou encore une saison en enfer. Rimbaud s'ennuie à Roche, il rencontre pourtant de nouveau ses amis Delahaye et Verlaine.
Le 25 mai, verlaine propose à Rimbaud de repartir pour l'Angleterre. Les deux poètes se retrouvent à Londres. Mais ils sont de plus en plus irritables et, à la suite d'une querelle, Verlaine prend l'initiative d'une rupture, et tente de rejoindre sa femme. Il part et laisse Rimbaud, sans le sou, dans le centre de Londres. "Reviens, cher ami, reviens... Nous avons vêcu deux ans ensemble pour arriver à cette heure là !... Si je ne dois plus te revoir, je m'engagerai dans la marine ou l'armée" lui écrit Rimbaud dans le but de le faire revenir.
Dans une lettre, Verlaine explique à Rimbaud son intention de renouer avec sa femme et de rompre avec lui. "Si d'ici à trois jours je ne suis pas r'avec ma femme dans des conditions parfaites, je me brûle la gueule". Rimbaud lui répond cyniquement : " Ta femme ne viendra pas, ou viendra dans trois mois, trois ans que sais-je ? Quant à claquer, je te connais".
Verlaine ne se tuera pas et encore moins sa femme.
Rimbaud, irrité par tous ces problèmes. Verlaine qui entreprend de retrouver sa femme. Tout ceci tourne au vinaigre et la discussion s'envenime. Exaspéré, Verlaine sort un revolver et tire deux coups de feu sur Rimbaud. Une balle le touche au poignet. Il est emmené à l'hôpital Saint-Jean où on lui prodigue immédiatement des soins. Il sort presque immédiatement.
Pendant le trajet jusqu'à la gare du midi, Verlaine porte la main à sa poche où se trouve le revolver. Rimbaud s'affole et trouve la protection d'un agent de police. Bien que Rimbaud n'est pas porté plainte, l'affaire se trouve aux mains de la justice belge qui condamnera Verlaine à deux ans de prison.
La blessure de Rimbaud est très légère. Son bras en écharpe, il peut sortir de l'hôpital le 20 juillet. Il rentre à Roche et termine la fin d'une saison en enfer.
L'oeuvre terminée est confiée à un imprimeur bruxellois, mais faute d'argent l'édition de l'oeuvre est inachevée et seuls quelques rares exemplaires sont envoyés à des amis.
En octobre, il repart pour Bruxelles prend livraison de quelques exemplaires d'auteur. Il dépose un ouvrage pour Verlaine à la prison de Bruxelles.
La fin de l'année 1873 se passe à Roche.
Rimbaud se lie d'amitié avec Germain Nouveau, un jeune poète provençal de vingt-deux ans qui a fréquenté le Cercle Zutique.



1874 En mars, Rimbaud se retrouve à Londres, en compagnie de Germain Nouveau qui l'aide à recopier des poèmes d'Illuminations. Mais Nouveau ne veut pas lier son destin à celui de Rimbaud et décide en avril de rentrer à Paris. Rimbaud se retrouve seul et désemparé. Il donne des leçons de français dans quelques écoles. Il revient passer la fin de l'année dans les Ardennes.



1875 Rimbaud part en janvier pour l'Allemagne pour y apprendre la langue. Il trouve un emploi de précepteur à Stuttgart.
Verlaine sort de prison et, tenu au courant des allées et venues de Rimbaud par Delahaye, décide partir pour Stuttgart, où il veut reconquérir son ami.
L'attitude de Verlaine irrite Rimbaud et celui-ci décide de le congédier au bout de deux jours.
En mai, Rimbaud quitte l'Allemagne et va en Suisse puis en Italie à Milan.
En juin, il reprend sa route en direction du sud dans l'espoir sans doute de s'embarquer pour l'Afrique. Terrasé par une insolation sur la route de Livourne à Sienne, Rimbaud est rapatrié à Marseille par le consulat français.
Il veut s'enroler dans l'armée carliste mais ne donne pas suite à son projet et remonte à Paris en Juillet, avant de retrouver Charleville en octobre.
Le 18 décembre, sa soeur Vitalie décède.



1876 Rimbaud se rend à Vienne mais au cours de ce voyage il se fait dévaliser et se retrouve sans le sou. Il est expulser d'Autriche. Il ne se décourage pas pour autant et repart pour la Hollande et signe le 19 mai un engagement de six ans dans l'armée coloniale hollandaise. Mercenaire étranger, il est chargé d'aller rétablir l'ordre au coeur de Java.
Il s'embarque le 10 juin et arrive à Batavia (aujourd'hui Djakarta) le 19 Juillet. Au bout de quelques semaines, il déserte et s'embarque sur un voilier anglais qui regagne l'Europe. Il est à Charleville à la fin du mois de décembre.


1877 Rimbaud rêve à de nouvelles évasions. Au printemps, il se rend à Brême puis à Hambourg. La Suède et le Danemark où il est employé au cirque Loisset. Il revient à Charleville puis se rend de nouveau à Marseille d'où il s'embarque pour Alexandrie. Malade à bord, il est débarqué à Civita-Vecchia. Il en profite pour visiter Rome. Il revient passer l'hiver dans les Ardennes.


1878 Dès le retour du printemps, Rimbaud éprouve une nouvelle fois le besoin de s'évader. Les informations ne sont pas très précises à ce sujet, se rend-il à Hambourg ? Traverse-t-il la Suisse ? Le fait est qu'il est de retour en été à Roche.
Le 20 Octobre, jour de son 24e anniversaire, il part et traverse les vosges à pieds, la Suisse, le Saint-Gothard. En Italie il s'embarque pour Alexandrie. Il gagne l'Ile de Chypre à la fin de l'année, trouvant un emploi de chef de chantier au service d'une maison française. Malgré sa passion pour l'afrique et la chaleur, il est atteint par la fièvre typhoïde.


1879 En Juin, Rimbaud est si malade qu'il doit précipitemment retourner en France pour se faire soigner. Il travaille à la ferme de Roche. Rencontrant son ami d'enfance Delahaye, Rimbaud lui souligne son détachement de la littérature : " Je ne pense plus à ça ".


1880 Rimbaud se rend à Chypre au printemps. Il se retrouve embauché dans une entreprise chargée d'édifier un palais sur le mont Troodos pour le gouverneur britannique. Rimbaud démissionne de son poste en Juillet. Il s'embarque pour l'Egypte et Aden où il travaille pour la maison Viannay, Mazeran, Bardey et Compagnie. Cette maison est spécialisé dans le commerce des peaux et du café. Rimbaud accepte de se charger de l'ouverture d'une succursale à Harrar, une ville de l'Islam où très peu de blancs y ont accès.
L'aubaine pour Rimbaud qui rêvait de s'installer en Afrique.


1881 Rimbaud devient acheteur pour le compte de la maison Bardey. Optimiste à ses débuts, il devient de plus en plus de l'ennui, se plaint du climat et de la jalousie des autres négociants.
" On ne peut s'imaginer une autre vie avec un ennui plus grand que celle-ci ! " se plaint-il à sa mère le 25 mai. Il commande à sa mère de bien vouloir lui expédier des ouvrages techniques, des instruments de mesure, un appareil photographique. Il rêve d'explorations.
En juin et juillet, il participe à une expédition à Bubassa et n'en revient que plus malade. Il se lasse de harrar et a des démélés avec ses employeurs. En décembre, il quitte Harrar pour Aden.


1882 Rimbaud travaille toujours pour la maison Bardey à Aden. " Je trime comme un âne dans un pays pour lequel j'ai une horreur indicible.".


1883 Rimbaud repart d'Aden pour Harrar où la maison Bardey le charge d'entreprendre quelques explorations dans le Somal et le pays Galla. Rimbaud décide de reconnaitre la province mal connue de l'Ogadine.
En aout il y pénètre et rédige un imposant rapport sur la région.
Cette étude sera éditée l'année suivante dans le bulletin de la Société de Géographie.


1884 La maison Bardey, en difficulté financière, se voit contrainte de liquider. Rimbaud reprend la route d'Aden où il reste au chômage, et ses économies s'amenuisant.
Bardey, qui a réussi à remonter une autre affaire reprend Rimbaud pour une durée de six mois.


1885 Rimbaud signe en janvier un contrat d'un an pour Bardey.
En octobre, il entend parler d'une mirifique affaire d'importation d'armes dans le Choa, il n'hésite pas à annuler son contrat avec Bardey et engage tout son savoir dans cette nouvelle affaire.
Le but est de revendre cinq fois plus cher à Ménélik, Roi du Choa, des armes achetées à Liège. Rimbaud se voit déjà riche mais ce n'était pas sans compter les complications. En novembre et se rendant à Tadjourah afin de récupérer les armes et de les acheminer jusqu'au roi, Rimbaud est bloqué plusieurs mois par une grève des chameliers.


1886 En avril, la caravane est prête à prend la route quand Rimbaud apprend l'ordre du gouverneur d'Obock qui signifie qu'à la suite d'accords franco-anglais, toute importation d'armes est désormais interdite dans le Choa. Rimbaud enfouit son stock dans le sable afin d'éviter une saisie. Il se plaint auprès du ministère des affaires étrangères.
Il apprend en juin qu'une expédition scientifique italienne est autorisée à pénétrer dans le pays. Il s'arrange pour la rejoindre. Malgré l'abandon forçé de Pierre Labatut, l'instigateur pricipal et la mort de l'explorateur Soleillet, il prend la tête de la périlleuse expédition.
Une chaleur caniculaire de plus de 70°C pèse sur la route qui mène à la résidence principal de ménélik.
Pendant ce temps, à Paris, La Vogue publie des vers de lui et une grande partie des Illuminations.


1887 Arthur arrive à Ankober le 6 février. Le roi ne se trouve pas là. Il doit donc regagner Antotto. Le roi le reçoit, accepte les fusils mais fait beaucoup de difficultés au moment de payer. Il désire diminuer du prix des armes le montant de la dette que Labatut avait engagé avant sa mort. Il invite Rimbaud à se faire payer la différence par Makonen le nouveau gouverneur de Harrar. Le montant sera rêglé entièrement mais en tout rimbaud n'aura rien gagné sinon 21 mois de fatigue.
Il se rend au Caire pour prendre un peu de repos. Il se plaint de rhumatismes et de son genou gauche.
Il écrit dans le journal Le Bosphore égyptien un étude traitant de l'intérêt économique du Choa. Ce travail sera remis à la Société de Géographie.



1888 Arthur est à Aden en début d'année. En mars il accepte de convoyer une cargaison de fusils mais renonce à une nouvelle expédition.
Il fait la connaissance d'un important commerçant d'Aden, César Tian, qui lui offre un poste de représentation à Harrar.
Pendant 3 ans, Rimbaud se livrera à son métier. Il importe, il exporte mais pourtant il s'ennuie beaucoup et n'a pour relation qu'une poignée d'européens résidents ou de passage dans le pays.



1891 Rimbaud est atteint en Février d'une tumeur au genou droit. Tumeur cancéreuse aggravée par une ancienne siphylis.
Le 15 mars il ne peut plus se lever et se fait transporter à Zeilah sur une civière. Il s'embarque pour Aden d'où il écrit aux siens : " Je suis devenu un squelette : je fais peur ". Le 9 mai, il se fait rapatrier à Marseille où il arrive le 22 mai à l'hôpital de La Conception. Le mal est si grave que l'amputation doit être immédiate. La mère de Rimbaud arrive le 23 mai. Le 25 mai l'opération a lieu. Rimbaud est désespéré.
A la fin du mois de Juillet, Rimbaud qui est a assez de l'hôpital, retourne à Roche où sa soeur Isabelle le soigne avec dévouement.
Sa maladie progresse et l'incite à revenir à Marseille, comptant sur le bienfait du soleil et l'espoir de retourner en Afrique. Il arrive à Marseille fin août, en compagnie d'Isabelle.
Il doit aussitôt retourner à l'hôpital de La Conception. Son état empire. Il connait d'atroces périodes de souffrance. Sa soeur arrive à lui faire accepter le passage d'un aumonier qui conclura bien légèrement à la foi du moribond.
La veille de sa mort, il dicte une lettre adressée au directeur des messageries maritimes : "Je suis complètement paralysé, donc je désire me trouver de bonne heure à bord, dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord."
Rimbaud meurt le 10 novembre. Il est agé de 37 ans. Il sera enterré le 14 au cimetière de Charleville.

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Octobre 1870.



Le bateau îvre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Echouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.



Chanson de la plus haute tour

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Au cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la Prairie
A l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent !

Mai 1872.





Dernière édition par Maïlila le Dim Nov 07, 2004 1:10 pm; édité 1 fois

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Maïlila
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Un exemple de l'oeuvre magnifiquement complexe de cet artiste français...

Illuminations, les (Arthur Rimbaud), recueil de poèmes en prose d’Arthur Rimbaud, paru pour la première fois en 1886 dans la revue symboliste la Vogue, dirigée par Gustave Kahn.

Ces poèmes en prose ont été inspirés à Rimbaud par la lecture de Baudelaire, mais aussi par la vogue de cette forme littéraire parmi les poètes qu’il a rencontrés en arrivant à Paris.

UNE GENÈSE AMBIGUË

Il existe parmi les critiques un débat sur la genèse de cette œuvre, qui est important pour comprendre les recueils Une saison en enfer et les Illuminations l’un par rapport à l’autre. Selon l’analyse la plus répandue, Une saison en enfer parlerait des Illuminations et constituerait un adieu à la poésie des Illuminations. Vraisemblablement, la conception des deux œuvres fut en réalité conjointe. Quoi qu’il en soit, Rimbaud a maintes fois remanié le projet qui sous-tend les Illuminations, et ce recueil reste en définitive inabouti : ce sont en effet des feuillets manuscrits épars remontant aux années 1870 qui sont finalement publiés, sans que le recueil ait été véritablement pensé comme tel. L’hétérogénéité de l’ensemble et le caractère obscur de certaines pièces reflètent vraisemblablement cet inachèvement.

ORDRE ET DÉSORDRE

Le recueil contient quarante-quatre « illuminations ». En dépit des regroupements prévus par Rimbaud en séries (« Enfance », « Vies », « Veillées », « Jeunesse »), l’ensemble reste très disparate, et repose sur une esthétique du fragment. De nombreuses pièces sont en effet autonomes, comme « Conte », « Parade », « Matinée d’ivresse », « Aube », « Dévotion », « Génie », et certaines autres commencent une série qui s’interrompt, comme celle des « Villes ». Les Illuminations semblent donc placées sous le double signe d’une volonté d’ordonnancement et d’une tendance au disparate ; il y aurait ainsi, comme le souligne A. Guyaux, « deux forces, l’une liante, l’autre déliante, dont le recueil […] est le champ de bataille ».

VOYANCE ET INTROSPECTION

L’acte poétique est perçu ici comme exercice de voyance proche du délire extatique.

Les Illuminations, dont le titre renverrait selon Verlaine — qui l’écrit à Charles de Sivry — à un mot anglais désignant des « gravures coloriées », sont le reflet d’une introspection poussée, et de l’exploration de l’univers intérieur et de la mémoire du poète. Elles regroupent expériences vécues, sensations éprouvées, mais aussi aventures rêvées. C’est surtout la sensation visuelle qui y est cultivée, les formes particulières de langage employées apportant leur concours pour rendre compte de ces sensations : le rythme chaotique (« Assez connu. Les arrêts de la vie. Ô Rumeurs et visions ! », dans « Départ »), la syntaxe bouleversée, les trouvailles lexicales (« Les desperadoes languissent après l’orage », dans « Dimanche »), les rapprochements étranges (Villes, Veillées, Mystique) et la coloration affective que prend l’ensemble (« Ô mon Bien ! O mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! », dans « Matinée d’ivresse ») en sont autant d’indices. La vision de la réalité qui se fait jour ici est une vision biaisée et déformée, conformément à les célèbres lettres du « Voyant » : l’acte poétique est bien perçu comme exercice de voyance proche du délire extatique. C’est sans doute l’une des raisons d’être du titre du recueil.

IRRÉVÉRENCES

Le ton du recueil est celui de la révolte.

Le ton du recueil est celui de la révolte. Maints aphorismes cinglants viennent en témoigner, comme dans « Phrases » : « Que j’aie réalisé tous vos souvenirs, / que je sois celle qui sais vous garrotter, / je vous étoufferai », ou dans la première pièce de « Vies » : « Je vois la suite ! Ma sagesse est aussi dédaignée que le chaos. Qu’est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend ? ». Les Illuminations contiennent également de nombreuses allusions à la sexualité (dans « Bottom » et « H », par exemple), dans la veine des poèmes érotiques de Rimbaud ou des pastiches de l’Album zutique. Ce ton irrévérencieux et impertinent se retrouve dans les allusions à la religion, comme dans « Dévotion », poème parodique (« À Lulu, — démon — qui a conservé un goût pour les oratoires du temps des Amies et de son éducation incomplète. Pour les hommes ! »). En raison de l’audace de ton, mais aussi de l’affranchissement des contraintes lexicales, rythmiques et syntaxiques qui s’y révèlent, les Illuminations est souvent considéré comme le premier recueil poétique de la modernité.


Dernière édition par Maïlila le Dim Nov 07, 2004 1:09 pm; édité 3 fois

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MessagePosté le: Lun Nov 01, 2004 11:31 pm Répondre en citant
CaloSara
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Et bien moa je suis une grande fan de Rimbaud...

J'adore ces textes, sa façon unique de les écrire...
Mon poeme préféré c'est "On n'est pas sérieux quand on a dix-septs ans"...( Smoker ) lol

J'aime beaucoup la personne qu'il était, et voilà, un vrai poète sommeille en lui, et il reste dans mon coeur ! :love9:

Bizzz M. Green

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MessagePosté le: Mar Nov 02, 2004 1:36 am Répondre en citant
toriamos
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Il y a aussi le grand classique "Ma Bohème", qu'on peut relire 100 fois !

"Le Coeur volé" & "L'Eternité" ne sont pas mal non plus... Ce sont deux poèmes très simples mais parfaits musicalement.

Mais surtout, il ne faut pas oublier "Une Saison en Enfer" qui est une merveille du premier au dernier mot.
(avec notamment le célèbre extrait : "On ne part pas")

Enfin ce qui est bien, c'est que chacun a "son" Rimbaud. La preuve : on en parle sur un forum de Nolwenn. Clin d'oeil
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MessagePosté le: Mar Nov 02, 2004 3:57 pm Répondre en citant
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C'est un poète Arthur Rimbaud ??? Roulement des yeux Roulement des yeux Roulement des yeux
Mdr c'est le nom de mon collège !!! Très content Très content Très content
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MessagePosté le: Dim Nov 07, 2004 12:53 am Répondre en citant
toriamos
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La maison de Rimbaud :


Dernière édition par toriamos le Lun Mai 01, 2006 11:20 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam Nov 13, 2004 7:44 pm Répondre en citant
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Extraits du Hors Série Télérama sur les 150 ans de la naissance de Rimbaud :

Rimbaud par Patti Smith...


"Voyelles", autographe de Rimbaud


Dernière édition par toriamos le Lun Mai 01, 2006 11:18 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun Jan 09, 2006 1:37 pm Répondre en citant
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merci Mailila je viens de tomber sur ce post qui date,mais j'ai eu plaisir à relire Rimbaud et surtout le dormeur du val,une de mes préférées.
Je ne saurai dire pourquoi,mais quand je la lis à chaque fois j'ai les larmes au bord des yeux!!

INEXPLIQUABLE§§ Pleure ou Très triste Pleure ou Très triste

MERCI encore

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MessagePosté le: Mer Avr 19, 2006 11:08 pm Répondre en citant
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voici un petit extrait du"poème exotique"
de Baudelaire dédié à une amie




j'ouvrirai un post sur lui si celà vous dit!!! Clin d'oeil

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MessagePosté le: Lun Avr 24, 2006 10:57 pm Répondre en citant
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Qu'il fait bon se promener sur le forum a la découverte d'un peu de poésie
je suis comme toi bellanolwenn que de souvenirs de jeunesse avec le Dormeur du Val poésie incontournable, et c'est avec beaucoup d'émotions que je l'ai relu ce soir .



Le Dormeur du Val



C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Octobre 1870.



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Si ma voix doit s'éteindre dans vos oreilles et mon amour s'évanouir dans votre mémoire, alors je reveindrai. "Khali Gibran"
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MessagePosté le: Sam Avr 29, 2006 10:06 pm Répondre en citant
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MA BOHÈME
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques,
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!



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MessagePosté le: Lun Mai 01, 2006 11:21 pm Répondre en citant
toriamos
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Merci d'avoir fait remonter ce sujet. Très content
J'ai édité mes messages dont les images n'étaient plus visibles pour cause d'hébergement obsolète...
(sur la maison de Rimbaud et le hors série Télérama : voir plus haut)
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