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Un long dimanche de fiançailles |
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Posté le: Mer Oct 20, 2004 7:37 pm |
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| Maïlila |
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titre original :
Un long dimanche de fiançailles
réalisateur :
Jean-Pierre Jeunet
durée : 2 h 14
origine :
France, Etats Unis
date de sortie :
27 octobre 2004
Histoire :
En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d'autres, il est "mort au champ d'honneur". C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel. Pourtant, Mathilde refuse d'admettre cette évidence. Si Manech est mort, elle le saurait !
Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant. Un ancien sergent a beau lui raconter que Manech est mort sur le no man's land d'une tranchée nommée Bingo Crépuscule, en compagnie de quatre autres condamnés à mort pour mutilation volontaire ; rien n'y fait.
Mathilde refuse de lâcher le fil. Elle s'y cramponne avec la foi du charbonnier et se lance dans une véritable contre-enquête.
De faux espoirs en incertitudes, elle va démêler peu à peu la vérité sur le sort de Manech et de ses quatre camarades.
Photos de la première à Paris le 19/10/04
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Posté le: Mer Oct 20, 2004 7:40 pm |
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| D'après les critiques, ça semble être un chef d'oeuvre... Les nons admirateurs de la désormais célèbre Amélie seront bouleversés! |
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_________________ Nolwenn Leroy *Histoires Naturelles* 5 Décembre 2005
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Posté le: Jeu Oct 21, 2004 7:33 pm |
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| lili |
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Audrey Tautou est vraiment magnifique sur les photos!
Le film al'air pas mal,mais pas original en tout cas. |
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Posté le: Jeu Oct 21, 2004 9:26 pm |
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| Maïlila |
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Comment peut-on jugé avant d'avoir vu ???  |
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Posté le: Ven Oct 22, 2004 9:36 pm |
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| j'ai trop envie d'aller le voir. vivement sa sortie |
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Posté le: Lun Oct 25, 2004 7:44 am |
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| Maïlila |
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Jeunet était hier l'invité de ONPP...  |
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Dernière édition par Maïlila le Dim Nov 07, 2004 10:49 pm; édité 1 fois _________________
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:53 am |
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| Maïlila |
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LES SORTIES DU MERCREDI. «Un long dimanche de fiancailles" va vous emballer
Une histoire passionnante, des images somptueuses, une distribution de rêve... Voilà le grand film français de l'année. Près de quatre ans après « Amélie Poulain », Jean-Pierre Jeunet frappe très fort.
Jean-Pierre Jeunet fait une nouvelle fois preuve de son sens du décor et de la lumière pour mettre en scène les aventures de Mathilde, partie à la recherche de son fiancé disparu sur le front.
ON NE CHANGE PAS une équipe qui gagne. Après l'énormissime succès du « Fabuleux Destin d'Amélie Poulain », sorti sur les écrans en avril 2001, Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur, Guillaume Laurant, son coscénariste, et la jeune actrice Audrey Tautou, 26 ans, sont de retour aujourd'hui sur les écrans, dans près de 700 salles, avec « Un long dimanche de fiançailles », un film de 2 h 15 adapté d'un roman de Sébastien Japrisot. L'histoire se déroule en 1919.
C'est celle de Mathilde, même pas 20 ans, dont l'amoureux, Manech, a été envoyé au front deux ans plus tôt. Mais tous les témoignages - officiels ou officieux - concordent : Manech ne reviendra plus. S'étant volontairement mutilé, il a été envoyé à la mort entre deux tranchées, dans un no man's land nommé Bingo Crépuscule. Mathilde se refuse à y croire. Elle mène sa propre enquête. Interroge. Voyage...
Un tournage en France, des fonds américains Le personnage, en somme, est aussi obstiné que Jean-Pierre Jeunet, fasciné par la Première Guerre, et pour qui l'adaptation du roman était un vieux projet. Le succès d'« Amélie » lui a ouvert toutes les portes, à commencer par celles de l'Amérique et des studios Warner qui se sont mis en quatre pour ce Français capable de réaliser un film (« Amélie Poulain ») à 30 millions d'entrées (dont 10 en France). La Warner n'a pas seulement cédé à tous ses caprices - réécrire le scénario, tourner en France - elle a aussi créé une structure sous label français pour faire en sorte que ce « Long dimanche... » obtienne l'agrément du Centre national de la cinématographie. Un cadeau comme on n'en a jamais vu. Le phénomène n'a pas plu à tout le monde. L'Association des producteurs indépendants, qui regroupe Pathé, UGC, Gaumont, MK2, et le Syndicat des producteurs indépendants ont rué dans les brancards, craignant que les majors américaines ne bénéficient à plus ou moins long terme des aides françaises à la production. L'affaire est en appel. En attendant, le nouveau film de Jeunet est la grande affaire de l'année : ne serait-ce que par son budget, 45 millions d'euros. Seul « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre » avait battu le record avec 49 millions d'euros (ainsi que le rappelle la revue professionnelle « le Film français »). Le film sera distribué aux Etats-Unis dès le 26 novembre, à New York et Los Angeles, avant de couvrir ce pays sur un millier de salles. Le risque est moins grand qu'il n'y paraît. Le nom de Jean-Pierre Jeunet, déjà nominé aux Oscars, est très connu outre-Atlantique. Par ailleurs, la Warner se charge de le distribuer dans le monde entier. Accompagné de nombreux ouvrages - sur le film mais aussi sur la Grande Guerre -, d'une exposition organisée par le magasin parisien le Bon Marché et d'une campagne de promotion française évaluée à 3,5 millions d'euros, « Un long dimanche de fiançailles » est d'ores et déjà, quoi qu'il advienne, un événement dans l'histoire du cinéma.
Pierre Vavasseur
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:55 am |
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| Maïlila |
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Tautou fait encore son Amélie...
LE PROBLEME, quand on rencontre le rôle de sa vie à 22 ans, c'est de le faire oublier après. On la voit toujours en joli Zorro parigot, mais depuis « le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain », en 2001, Audrey Tautou a tourné neuf films, dont « Dieu est grand et je suis toute petite », « l'Auberge espagnole », « Dirty Pretty Things », « Pas sur la bouche » et « Happy End ». Dans ce « Long dimanche de fiançailles » signé Jeunet, l'actrice se montre à nouveau remarquable.
Emouvante. Amoureuse. Obstinée. Un peu comme... Amélie, non ? Tautou nierait sans doute toute ressemblance. Pourtant, la filiation crève les yeux : Mathilde, l'héroïne de cette belle et triste histoire, pourrait être l'arrière-grand-mère d'Amélie Poulain. Certes, là où la Montmartroise mutine s'entêtait à bricoler le bonheur des autres, la boiteuse Bretonne traque son unique raison de vivre à elle : Manech, son fiancé, soi-disant mort au champ d'honneur. Amélie cavalait dans un Paris de carte postale, Mathilde enquête à travers la France meurtrie de 1919. La première faisait la moue, la seconde serre les dents. Il n'empêche, en renouant avec Jean-Pierre Jeunet, Audrey Tautou, 26 ans, nous présente un visage étrangement familier. La « faute » au style du réalisateur, peut-être, reconnaissable entre mille : là aussi, il y a une voix off omniprésente, des gimmicks touchants ou drôles (les superstitions de Mathilde, les dérapages du facteur dans les graviers...), des couleurs changeantes (Bretagne en jaune, guerre en gris-bleu...), et une foule de personnages pas secondaires du tout, caractérisés par des détails précis.
« Ce n'est pas grave si les gens ne me connaissent pas » Du sublime roman de Sébastien Japrisot, le cinéaste a tiré un long-métrage archi-personnel qui porte sa marque de fabrique, celle d'un univers sépia où rien n'est impossible pour une fille qui y croit vraiment. D'où cette curieuse impression de voir « Amélie s'en-va-t-en guerre »... Cela dit, Audrey Tautou fait ça très bien, les orphelines en quête de prince charmant. Et elle se moque qu'on la confonde avec M l l e Poulain, trop contente de brouiller les cartes. « Ce n'est pas grave si les gens ne me connaissent pas, clame-t-elle à longueur d'interviews. Tant mieux, d'ailleurs, s'ils m'identifient à Amélie ! » Le fait est que, « Long dimanche » ou pas, Amélie elle fut, Amélie elle restera. Peut-on rencontrer deux fois le rôle de sa vie ?
Marie Sauvion
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:56 am |
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La révélation Gaspard Ulliel
CE N'ETAIT PAS son premier film, mais c'est la première fois qu'on le voyait pour de bon. Aux côtés d'Emmanuelle Béart, à qui il faisait subir des choses pas très catholiques, un jeune acteur crevait l'écran à Cannes, en 2003, dans « les Egarés » d'André Téchiné. Il se nommait Gaspard Ulliel.
Ce n'était plus un enfant. Pas encore un adulte. On l'avait auparavant croisé sans faire gaffe dans « le Pacte des loups » de Christophe Ganz, dans « Embrassez qui vous voudrez » de Michel Blanc. Cette fois, il était une sorte d'ange rugueux, libre, sauvage. La tête du jeune premier, avec quelque chose en plus. Aujourd'hui, Gaspard a 20 ans. Dans « Un long dimanche de fiançailles », il est Manech, le fiancé de Mathilde. Jean-Pierre Jeunet l'a choisi parmi soixante prétendants. « Il avait cette capacité de naïveté, de candeur, sans avoir l'air neuneu », dit sans détour le cinéaste. Résultat, dans le film, Ulliel est le versant mâle de Tautou. Son double. Il a quelque chose de lumineux, de mystique presque. Et une personnalité immédiate, surgie du physique : le menton vif, l'arête du nez volontaire, le front taillé droit. Pourtant, dans ce jeu de coups de serpe, s'installe une harmonie, une douceur rapatriée dans le regard. Ce type doit faire craquer les filles à tombe-que-veux-tu. Gaspard est né à Neuilly-sur-Seine de parents stylistes. Ce n'est pas lui qui est allé au cinéma. C'est le cinéma qui est venu à lui quand il était encore gamin. Une amie de sa mère tenait une agence de casting. Aujourd'hui, Gaspard s'envole. Il a tourné quatre films cette année. On le reverra le 3 novembre au côté de Nicole Garcia dans « le Dernier Jour », de Rodolphe Marconi. Et ce n'est pas fini. C'est toute la fortune de Gaspard...
C'est Gaspard Ulliel qui joue Malech, le fiancé disparu.
P.V.
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:58 am |
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Jeunet : « Je revendique mon style »
IL A SIGNÉ la réalisation de « Delicatessen », de « la Cité des enfants perdus », d'« Alien : resurrection »... Mais pour le public français, Jean-Pierre Jeunet, 51 ans, est surtout le metteur en scène du « Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ». Rencontre avec un cinéaste qui fait son métier avec conviction.
Comment aborde-t-on un projet aussi gigantesque ? Jean-Pierre Jeunet. C'est comme les sportifs qui entrent enfin sur le terrain. Les premiers jours, on n'est pas très bon, on fait plein de fautes. Le moteur n'est pas encore chaud. Mais au bout de deux semaines, c'est parti. Les réflexes reviennent. Le seul truc qu'on n'a pas su gérer, c'est la pluie artificielle. L'humidité est entrée dans l'électronique. Les caméras sont tombées en panne. Pendant deux ou trois jours, on n'a pas pu tourner. Pas de stress, alors ? C'est une bonne angoisse. Je ne suis jamais malade pendant les tournages. Quand on a bien préparé, tout va bien. Pour les tranchées, on a fait une grande maquette de 10 m de long. Avec une petite caméra vidéo, j'ai anticipé tous les mouvements de caméra. Là où était la grue, il fallait bétonner les bords de tranchée, sinon elle s'effondrait. Nous avons créé une route pour amener les camions et ne pas s'embourber, au propre comme au figuré. Côté explosions, il y avait un réseau d'air comprimé pour faire les balles qui tapent dans le sol. Si on mettait le pied dessus, il n'y avait aucun risque. Juste, au pire, prendre un coup de poussière dans l'oeil. Deux cents mètres carrés de tuyaux. Ça roulait impeccablement. Zéro blessé.
« Quand j'avais 17 ans, je travaillais aux PTT. Et pour passer de ça à ce film, il faut de la ténacité » Pourquoi avoir choisi le livre de Japrisot ? La guerre de 14 me fascine. Un jour, il y a longtemps, mon ex m'a dit : « J'ai entendu parler d'un bouquin qui vient de sortir où il est question de la guerre de 14. » Et là, boum, révélation. Il y avait la guerre de 14, bien sûr, mais surtout le caractère de cette petite bonne femme, absolument insensé. J'ai compris récemment que si ça me plaisait tant, c'est que je me suis identifié au personnage. Quand j'avais 17 ans, je travaillais aux PTT. Et pour passer de ça à « Un long dimanche... », il faut de la ténacité. Dans Japrisot, il y a une vraie matière. C'est ce que vous cherchez ? Je cherche une histoire qui me passionne. Qui fasse que j'aime ce que je vais filmer. Mais il faut qu'il y ait de la place pour amener mes trucs. Qu'avez-vous ajouté ? Les meurtres de Tina Lombardi (NDLR : Marion Cotillard) , les petites superstitions vaguement améliennes, l'humour, le facteur... Plein de choses, plein de petits détails.
« Si Audrey Tautou m'avait dit non, je ne suis pas sûr que j'aurais eu envie de faire le film » Et enlevé ? Oh ! On désengorge. Parce que l'intrigue archi-simple se cachait derrière un buisson d'épines. Je me souviens avoir démonté le roman comme un poste de radio, le transistor, la résistance, le condensateur. Bon, le condensateur ne sert à rien... La résistance, je vais l'augmenter. Ce circuit, je vais m'amuser avec. Mathilde avait aussi une famille invraisemblable. J'ai élagué. Pourquoi repasser par la case Tautou ? A l'époque - c'était bien après « Delicatessen » -, je cherchais qui pouvait faire Mathilde. Quand on a fait « Amélie », ça m'a redonné envie de faire le film et je me suis dit : « J'ai trouvé ! » Si elle m'avait dit non quand je lui ai donné le bouquin, je ne suis pas sûr que j'aurais eu envie de le faire. Je crois que j'aurais laissé tomber. On va dire que le couple se reforme... Ça m'intrigue toujours un peu quand on me parle de ça comme d'un inconvénient possible. Il y a plein de couples dans le cinéma. Truffaut-Léaud, De Niro- corsese, Chabrol-Huppert... Est-ce que c'est un problème ? Il n'y avait pas, entre vous, de séquelles « Amélie » ? Non. C'est quelque chose qu'elle a souhaité mettre de côté. Au départ, j'avais sorti une connerie en disant que Mathilde, c'était la grand-mère d'Amélie, elle m'a engueulé pour ça. Je n'ai plus recommencé. Elle a du caractère... Quand on était chez Chirac, il lui a dit : « Je croyais que vous deviez être au Portugal. » Elle lui a répondu : « Faut vérifier vos sources. » Sur le tournage, comment vous êtes-vous retrouvés ? Les premiers jours, je me suis dit : « Merde, elle est triste, elle regrette d'avoir accepté. » Cela a duré deux semaines. On me le confirmait : « Elle est malheureuse, elle pleure, elle n'ose pas te le dire. » Je vais la voir et là, grosse crise de larmes. La cocotte-minute était bouillante parce qu'elle avait une pression énorme, la responsabilité d'une petite bonne femme qui est tout le temps au bord des larmes. Elle était dans le rôle. J'ai compris qu'elle avait besoin de se concentrer. On n'a pas rigolé sur le plateau comme pour « Amélie ». Elle ne déconnait pas avec les machinistes. Son esprit de repartie, on n'y a pas eu droit. Ce film garde une « patte » Jeunet... Mais je le revendique ! Les metteurs en scène que j'aime ont tous un style. Si j'essayais d'en changer, je me perdrais dans quelque chose qui n'est pas moi. Quels projets avez-vous maintenant ? La Warner m'a proposé « Harry Potter » 5. Mais ils m'ont dit : « Vous avez deux semaines pour vous décider. » Je leur ai dit : « Merci, au revoir. »
Comme dans « le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain », Jean-Pierre Jeunet a fait appel à Audrey Tautou pour le premier rôle d'« Un long dimanche de fiançailles ».
Propos recueillis par P.V.
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:59 am |
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| Maïlila |
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Tout vient d'un écrivain délicieux
CHEZ Japrisot, c'était introuvable. Entre Clermont-Ferrand et Vichy. De sa maison cachée entre deux hauteurs, le romancier d'« Un long dimanche de fiançailles », de « Compartiments tueurs », de « la Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil », guidait à la jumelle et au portable la voiture du visiteur.
C'était une grande maison à la décoration rustique qu'il partageait, avant sa mort, le 4 mars 2003, avec Cathy, ex-épouse d'Eddie Barclay. Le couple n'avait pas convolé. Le soir, il était impossible de reprendre la route. Pas seulement parce qu'on avait partagé quelques verres - un euphémisme -, mais parce que Sébastien tenait à vous garder dormir. Une chèvre entrait dans la cuisine. Elle passait par là tous les soirs. Une caresse au museau brut. La chèvre était sobre comme un chameau. Une caresse et elle repartait. Ainsi vivait Sébastien Japrisot, l'un des auteurs les plus appréciés des Français, les plus adaptés au cinéma aussi. Nous l'avions rencontré un dimanche, en février 2000, à l'occasion de la réédition chez Denoël de son tout premier roman, « les Mal partis », écrit lorsqu'il avait 17 ans et que Nimier, Aragon ou Sartre avaient salué à l'époque comme un seul homme. Sur la tommette du salon, entre un excellent vin blanc et un repas de bonne bouche, Jean-Baptiste Rossi, de son vrai nom, avait de nouveau évoqué ce « Long dimanche de fiançailles »* qui lui avait valu le prix Interallié en 1981. Il parlait de ses personnages, de son écriture avec un détachement qui n'en était pas un. On le sentait à la fois fier d'avoir réussi, d'être riche, et malheureux de quelque chose. Jeunet l'appellerait bientôt pour l'informer qu'il adapterait le roman. « Je suis heureux que ce soit vous, répondrait Japrisot. Faites ce que vous voulez. » Puis il ajouterait : « Mais venez quand même passer un week-end ici avec votre scénariste. » Le papa d'Amélie Poulain a fait la sourde oreille. Puis il lui a envoyé le scénario. Mais Japrisot ne l'a jamais lu...
* « Un long dimanche de fiançailles », Ed. Gallimard, collection Folio, 5,70 €.
Pierre Vavasseur
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 8:00 am |
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CRITIQUE Ça, c'est du cinéma
L'histoire. En 1919, Mathilde, qui a 19 ans, refuse de croire au décès de son fiancé, Manech, parti sur le front de la Somme deux ans plus tôt. Selon les témoignages, le jeune homme a été condamné à mort pour mutilation volontaire.
Il s'est fait mitrailler par un avion allemand sur le no man's land d'une tranchée nommée Bingo Crépuscule. Cramponnée à son intuition, Mathilde se lance dans une véritable contre-enquête... Notre avis. Depuis quand n'a-t-on pas fait, en France, un film comme celui-ci ? Voilà un grand spectacle de cinéma, puissant sans être lourd, émouvant sans être mélo et qu'habite en permanence une sorte de densité, tant dans le récit que dans le mouvement. Jeunet, au fond, c'est un peu le David Lean français. Il y a du « Docteur Jivago » dans cette entreprise construite comme une symphonie, avec Audrey Tautou, très juste, en premier violon, ses solistes et les choeurs de l'armée bleue.
Drame français de Jean-Pierre Jeunet. Avec Audrey Tautou, Gaspard Ulliel, Clovis Cornillac, Marion Cotillard, Jean-Pierre Darroussin, Julie Depardieu, Albert Dupontel, Jean-Claude Dreyfus, André Dussollier, Jodie Foster, Ticky Holgado... Durée : 2 h 14.
P.V.
Le Parisien , mercredi 27 octobre 2004 |
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Posté le: Mer Oct 27, 2004 7:31 pm |
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Merci pour cette longue retranscription de tous les articles du Parisien sur ce film !...  |
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Posté le: Jeu Oct 28, 2004 11:51 pm |
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| Maïlila |
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Bouche à oreille MQ1 « Un long dimanche de fiançailles » les a bouleversés
ENORME SUCCÈS dès hier pour « Un long dimanche de fiançailles », de Jean-Pierre Jeunet sorti sur près de 700 écrans : 43 455 spectateurs dans 57 salles de Paris et de sa périphérie ! Un premier chiffre qui donne à penser que le million d'entrées peut être atteint en une semaine. En tout, ce sont 220 000 personnes qui ont vu hier cette superproduction tirée du livre de Sébastien Japrisot. Au MK2 Odéon (Paris V e ), le public est venu en nombre.
Et après les 2 h 15 de projection, il a quitté la salle avec regrets. A la fois heureux et groggy d'image, Georges, 65 ans, résumait l'enthousiasme général : « C'est un très beau film pour une très belle histoire d'amour, avec des reconstitutions historiques remarquables. Du cinéma comme on n'en fait plus. C'est Autant en emporte le vent à la française . »
« Beaucoup de sentiments » Selon Amélie et Marc, 21 ans, étudiants, « Audrey Taytou est servie à la même recette que dans Amélie Poulain , téméraire et têtue. » Mathilde, Salim et Nadia, tous âgés de 20 ans, se montraient surtout émus. « Nous avons pleuré, avouaient les deux filles : c'est du grand cinéma avec un souci de la reconstitution qui nous a impressionnées. Les scènes de guerre sont réalistes et les images, comme des photos anciennes, apportent beaucoup de sentiments. » Christophe, 38 ans, en avait encore la gorge nouée : « Il y a longtemps que je n'avais pas pleuré au cinéma. Le style Jean-Pierre Jeunet est magnifique, avec un soin dans les détails qui rend fier du cinéma français. On retrouve certains comédiens d' Amélie Poulain et ils sont tous remarquables. » Lamiel, 15 ans, demandait du temps pour s'en remettre : « C'est un film magnifique, mais qui vide ! J'ai vu là tout ce que j'avais appris l'année dernière sur la Première Guerre mondiale. La reconstitution est très réaliste et, en plus, c'est une belle histoire d'amour. » Marie, 79 ans, avait l'oeil encore humide : « Les images sont belles, la guerre est cruelle, violente, excessive ! » Avis partagé par Edouard, 71 ans, « bouleversé car la guerre, on s'y croirait ». Ce « Long Dimanche de fiançailles » n'a vraiment laissé personne indifférent.
Agnès Dalbard
Le Parisien , jeudi 28 octobre 2004 |
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Posté le: Ven Oct 29, 2004 7:39 am |
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Jean-Pierre Jeunet recrée avec génie l’enfer des tranchées. Mais ses chromos séduisent plus qu’ils n’émeuvent.
Cousine (de Bretagne) d’Adèle Blanc-Sec, arrière grand-mère d’Amélie Poulain, dont elle partage les traits, Mathilde, née avec le XXe siècle, est de ces jeunes filles qui rêvent leur vie. Malgré toutes les épreuves : pour elle, la polio, qui l’a laissée boiteuse, puis la Grande Guerre, qui lui prend son seul amour. Officiellement, Manech, le "bleuet" des tranchées, a subi le sort des mutinés de 1917 : légalement assassiné par les planqués de l’Etat-Major, donc fusillé ou jeté aux Boches. Mais dans son cœur, Mathilde conserve l’espoir qu’il est vivant. En tous les cas, elle veut savoir, reconstituer la tragédie, comprendre avant que le temps passe et dissipe ses illusions d’amoureuse.
Du roman de Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles garde la trame de faux polar dont l’enquêtrice principale serait une jeune bretonne têtue, suffragette qui s’ignore. Mais le cinéaste n’en fait que l’arrière-plan. Ce qui l’intéresse depuis toujours, c’est créer un monde. Avec son enfer – les tranchées –, son paradis – une maison de Bretagne qui pourrait être celle d’un album pour enfant, genre Caroline et ses amis – et, entre les deux, une Belle Epoque soigneusement stylisée, pas plus ou pas moins vraie que le Montmartre d’un certain précédent film.
Jeunet a du génie pour trouver des réponses visuelles aux problèmes de récit : pour lui, une image, fût-elle instantanée, en dira toujours plus long qu’un dialogue. Ce goût et l’inspiration qui l’accompagne font souvent merveille. Rarement la sauvagerie de la guerre de 1914 aura été aussi cruellement rendue : les corps, vivants ou morts, qui gisent dans la boue, les explosions qui projettent dans le jour blafard shrapnell et chair mêlés, ou encore cet ahurissant décor d’hôpital militaire installé à la hâte, et absurdement !, sous la masse inquiétante d’un dirigeable inflammable. Plus loin, ce sont les Halles années 20, la place de l’Opéra, impressionnants.
Le monumental cède parfois au pittoresque, à l’image de certaines trognes trop appuyées. Mais c’est bien l’époque qui commande bacchantes et rouflaquettes... Cette surenchère esthétique jamais agressive – pas de montage haché, pyrotechnie réduite au strict nécessaire – reste longtemps l’atout n°1 du film. Elle en devient pourtant la limite. En multipliant les digressions visuelles, en accumulant les seconds rôles, Jeunet crée un trop-plein qui nuit à l’épaisseur de ses personnages principaux, et freine l’émotion.
On le mesure a contrario quand deux scènes prennent enfin le temps de durer : la rencontre embarrassée entre Jérôme Kircher et Jodie Foster, de cette histoire d’amour périphérique naît l’un des plus beaux moments du film ; puis le dîner auquel s’invite Albert Dupontel, à la verve savoureuse – Audrey Tautou s’y endort sur l’épaule de sa tante et y confesse le caractère enfantin de son personnage, plus capricieux que passionné. Un long dimanche de fiançailles émeut peu, mais séduit pas mal. Jean-Pierre Jeunet ne s’approche guère du mélo flamboyant auquel il a sans doute rêvé, mais les images e | | | |